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Pour bien
comprendre l'apport du TBI, voici un parallèle avec les manuels scolaires.
Dans de nombreux
manuels, la page dédiée à une leçon se présente de la façon suivante :
- Une partie de découverte de la notion à aborder
(Les situations sont souvent incompréhensibles pour les
élèves n’ayant pas déjà des notions du sujet abordé…).
- Une partie de mise en forme de la règle
(Ce
que l’on donne à apprendre par cœur ;-)
- Une partie d’entrainement
(Ce qui se fait par
reproduction de l’exemple de début d’exercice et qui peut souvent être
réalisé même si on n'a rien compris à la règle…).
Prenons en compte ces trois temps pour
comprendre le principal apport d’un TBI :
La première phase est à mon avis celle ou le TBI est le plus
intéressant. En effet, la puissance de l’ordinateur associé au tableau
permet de revenir en arrière, de tester plusieurs hypothèses, de faire
apparaître des documents susceptibles d’apporter des questionnements ou
des réponses.
La seconde phase, celle de mise en place de la trace écrite, règle ou
autre peut se faire avec un simple vidéoprojecteur sans TBI (même si l’apport du TBI peut encore
être intéressant à ce stade).
La troisième phase, celle d’entrainement est à mon sens plus du ressort
de l’utilisation individuelle ou en petit groupe de l’informatique. Dans
ce cas, le TBI se justifie moins (il vaut mieux une machine pour un ou
deux élèves). Cependant, il est très intéressant de pouvoir laisser
accessibles aux élèves les traces écrites du TBI sur les ordinateurs de
"fond" de classe.
Bernard-Yves Cochain
Certains argumentaires en faveur des TBI mettent en
avant que le professeur reste face à ses élèves, ce qui est vrai. Ils
expliquent que tout ce qui est tracé sur le tableau peut-être mémorisé
puis remodifier ultérieurement, ce qui a aussi un certain intérêt, mais
ils oublient le principal, l’amélioration de l’acte pédagogique.
Rester devant son auditoire
Si le TBI est utilisé comme un simple écran pour
vidéoprojecteur, le fait de rester devant le public est un tout petit
plus. On peut se contenter d’acquérir une souris gyroscopique ou une
tablette sans fil pour obtenir le même résultat avec un budget largement
inférieur.
La mémoire du cours
Si le but est de donner le contenu du tableau aux
élèves, un appareil photo numérique fait l’affaire (ou un tableau
copieur). Si c’est pouvoir modifier ultérieurement un document réalisé en
classe, c’est un peu plus intéressant d’avoir un TBI, mais un simple
vidéoprojecteur associé à un ordinateur est suffisant si on n’a pas tiré
parti des possibilités du TBI lors du cours.
L'amélioration de l'acte pédagogique
Voici quelques conseils et réflexions pour essayer de
faire sentir ce qu'il est possible de faire en plus des deux utilisations
basiques citées ci-dessus.
Conseils et réflexions pour maximiser l'utilisation pédagogique
du TBI
-
Interactivité
L'interactivité mise en avant dans le nom de cet outil n'est pas
seulement celle qui consiste à commander l'ordinateur.
En pédagogie, ce qui est essentielle, c'est l'interactivité entre les
représentations et hypothèses des élèves entre eux et avec le TBI.
Chacun peut voir immédiatement le résultat de l'évolution de ce qui se
passe en classe.
-
La préao (présentation assistée par ordinateur), faux ami du TBI
Ne pas arriver en classe avec une Préao (Impress, PowerPoint…) toute
prête.
Le TBI ne servirait alors qu’à présenter, ce qui est le rôle d’un simple
vidéoprojecteur.
Il est plus productif d’arriver avec tous les éléments qui composeront
cette Préao, mais en vrac. C’est par une interaction avec les élèves que
le professeur construira le contenu de cette présentation.
Il convient donc de prévoir tout ce qui sera nécessaire pour le document
final, mais aussi ce que les hypothèses des élèves pourront apporter
dans la séance. C’est de l’intérêt de la confrontation entre les
représentations, les hypothèses que le TBI aidera la tâche de
l’enseignant.
-
Réussir les
situations de découverte
Lorsque l’on aborde une nouvelle notion en classe, le plus compliqué
c’est de mettre en place une situation de découverte efficace. Le TBI
est intéressant à ce stade car il permet de mettre en avant des
documents de tous types, de les manipuler, de les modifier…
Comme les manipulations se font face à l'auditoire, chacun peut voir le
détail des processus et ainsi proposer toute hypothèse et en voir
immédiatement les conséquences.
On remarque une meilleure participation, une plus grande motivation des
élèves lorsque l'on utilise un TBI. L'effet le plus intéressant, est que
ces résultats sont encore plus marqués sur les élèves qui étaient en
difficulté.
-
Donner des yeux
à son TBI
Le TBI, associé à un
visualisateur
(ou un caméscope ou appareil numérique sur statif, voire en moins
pratique et rapide, un scanner) permet de faire entrer en temps réel un
document individuel dans la sphère collective.
Par exemple, une copie d’élève, un montage électrique, une manipulation
en sciences, un petit objet devient un document de travail sur lequel on
peut dessiner, schématiser ou que l’on peut incorporer dans un document
collectif plus complexe.
-
Gagner du temps,
grâce au TBI
Le TBI permet de gagner du temps. Pas seulement le temps gagné lié à
l’utilisation d’un visualisateur et d’un vidéoprojecteur en permettant
par exemple d’afficher un texte de référence sans avoir à l’écrire à la
main au tableau, mais surtout en autorisant une meilleure motivation et
participation. Ces conditions font apparaître une amélioration des
résultats, en particulier sur les élèves en difficulté (études
britanniques ou de l’ERT 34). Dans le secondaire, on court souvent
derrière les programmes. Toute notion mieux perçue et mieux retenue est
une bonne façon de gagner du temps.
Ce sont ces
différents points, curieusement rarement évoqués qui justifient, à mon
sens le plus l'acquisition d'un TBI par rapport au simple vidéoprojecteur.
Bernard-Yves Cochain
En 2010, 100% des
classes seront équipées de TBI... au Royaume-Uni. Même si certaines études
montrent que 20% de ces matériels sont inutilisés, cela fait tout de même
une multitude d'exemples d'utilisations. On peut donc avancer que les
enseignants britanniques sont compatibles avec les TBI.
En est-il de même des enseignants français ?
Tout d'abord, les
programmes et certaines habitudes de travail sont différentes. Cependant,
les buts sont les mêmes, faire comprendre les élèves.
TBI = frontal ?
Certains reprochent
au TBI de favoriser l'enseignement frontal. C'est assez curieux car c'est
l'enseignement le plus fréquent dans notre pays. Ce qui est "bon" avec un
tableau traditionnel deviendrait mauvais avec un TBI ?
Le TBI permet
effectivement de faire de l'excellent enseignement frontal, surtout si on
est un virtuose des logiciels de Préao...
Cependant,
nous avons vu précédemment que l'intérêt du TBI était
justement de permettre de faire réagir, agir l'élève. C'est le
vidéoprojecteur qui est "frontaliste", pas le TBI utilisé comme un
véritable outil interactif.
Le TBI et les pédagogies actives
Ce n'est sans doute pas un hasard si les
enseignants Freinet et autres ont été parmi les premiers à utiliser les
TBI et surtout à écrire dessus. on citera, par exemple, le numéro 185 du
Nouvel éducateur de l'ICEM, ou l'article du Monde de
l'éducation de novembre 2006, où des enseignants Freinet expriment leur
intérêt pour l'outil.
Il y a des tableaux traditionnels dans les
classes Freinet. Ce n'est pas pour cela que ce sont des classes où la
pédagogie est frontale. Ce n'est pas l'outil qui fait la pédagogie, mais
la manière dont on l'utilise.
Think Positive
Deux attitudes se
rencontrent chez les enseignants. Ceux qui se disent que le TBI est cher
pour être un simple écran et ceux qui cherchent ce qu'ils peuvent mieux
faire grâce au TBI.
C'est bien sûr dans
la deuxième catégorie que l'on trouve les usages les plus intéressants.
Tout enseignant est capable de faire des choses passionnantes s'il cherche
ce que le TBI peut apporter.
En conclusion
Oui, l'enseignant français est compatible avec
le TBI. Cependant, il ne faut pas négliger quelques obstacles qui ne sont
pas de son fait.
Le premier, c'est la rareté du matériel. cela
conduit certains établissements à mutualiser les TBI. Cela oblige à des
réservations, des déplacements de matériels ou de classe, ce qui, comme
pour les salles informatiques, nuit à l'utilisation.
Le TBI est le tableau de la classe, c'est dans
ces conditions qu'ils donnent les meilleurs résultats. Toujours à portée
de main, il est utilisé à bon escient et la fréquence d'utilisation (les
TBI situés dans les classes primaires sont utilisés quasiment tous les
jours) font que les utilisateurs sont plus experts et qu'ils peuvent alors
utiliser au mieux l'outil.
Bernard-Yves Cochain
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